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La Fast Fashion est-elle Encouragée par Vinted ?

En 2020, on parlait beaucoup de savoir si Vinted ne serait pas un sous-produit de la fast fashion – littéralement, mode rapide. Vulgairement, mode jetable…

Je pensais que le sujet était bel et bien “enterré”, mais en fait non, puisque je tombe il y a quelques jours sur un article du Elle qui remet le sujet sur la table.

Mais pour quelle raison ?

Qu’on le veuille ou non, Vinted s’avère être un modèle qui fonctionne. Elle nous permet de redonner vie à des pièces que l’on ne porterait plus tout en arrondissant nos fins de mois. Jusque là, c’est plutôt une belle initiative, non ?

C’est pourquoi je trouve dommage cette fâcheuse habitude de vouloir à tout prix ternir le tableau… Ne vit-on pas suffisamment dans la négativité de nos jours ?

De plus, en tant que consommateur d’habillement, que faudrait-il que l’on fasse ?

Acheter chez Zara (ou d’autres marques du groupe Inditex) ou H&M, ce n’est pas responsable, et je suis bien d’accord avec ça. Mais à l’heure où l’on décide enfin de se tourner vers une alternative comme celle de Vinted, ça ne va pas non plus ?

Mais qu’attend-on de nous ? Ce ne serait pas chercher de problème là où il n’y en a pas ? Sérieusement.

Le but n’est pas de pousser un coup de gueule, mais plutôt de tenter de remettre les choses dans leur contexte.

Donc, je me lance…

Qu’est-ce que la fast fashion ?

D’abord, pour parler de fast fashion, commençons par la définir. Voici ce que rapporte notre vieil ami, Wikipedia :

“La fast fashion est un segment de l’industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente, plusieurs fois par saison, voire plusieurs fois par mois. Les vêtements sont produits dans des séries relativement petites et les stocks sont très peu renouvelés”.

En gros, c’est le TGV de la mode, pour ainsi dire… Et pour cause, cinquante deux collections sont produites chaque année, contrairement aux traditionnelles quatre des maisons de haute-couture…

Les vêtements issus de la fast fashion sont produits à bas coût. Tu t’en doutes, pour la qualité, on repassera… Mais mécaniquement, ça permet aux consommateurs d’acheter pas cher, et surtout de racheter… toujours plus. D’où le terme de mode jetable. Quant au pas cher, à voir certains prix que pratique Zara par exemple, il y a vraiment de quoi se poser des questions…

Pardon, un blazer à 89 euros ? Attends, je suis bien chez Zara, là, non ?

Je parle de Zara, mais bien entendu, ce n’est pas le seul.

Et en réalité, derrière de beaux sites eCommerce, et des mannequins tout sourire, l’impact que produit la fast fashion engendre des conséquences dramatiques notamment d’un point de vue environnemental, humain, et la liste ne cesse de s’allonger…

Les conséquences de la fast fashion

Ce n’est pas beau à lire, mais les faits sont là. Le textile fait partie des industries les plus polluantes et dévastatrices. En voici les raisons :

1. Empreinte carbone

1,2 milliard de tonnes de CO2. C’est le chiffre estimé par l’Institut National de l’Économie Circulaire – pour le moins astronomique – résultant de l’empreinte carbone de l’industrie de la mode, soit environ 2% des émissions de gaz à effet de serre mondiales.

À l’origine (entre autres), l’utilisation de fibres synthétiques répondant au doux nom de polyester. Ce polymère fabriqué à partir de pétrole est tout bénef pour les fabricants puisqu’il est très peu cher, et les acheteurs en redemandent puisqu’il est peu durable…

On continue ?

2. Consommation d’eau

Prenons l’exemple du jean. Ce ne sont pas moins de 2 milliards qui sont vendus dans le monde chaque année. Et si l’on s’intéresse à leur production, c’est là que ça se gâte…

Il faut entre 7 000 et 10 000 litres d’eau pour fabriquer un jean, ou l’équivalent de 285 douches… Oui. On ne parle bien que d’un seul jean.

Et devant le poids de ces chiffres, on comprend notamment pourquoi le spécialiste du jean, Levi’s, s’implique depuis 2011 dans l’initiative Waterless. Selon la marque, cette approche lui aurait permis d’économiser plus de 3,5 milliards de litres d’eau nécessaire au processus de finition de ses jeans.

3. Déchets et pollution

Chaque année, ce sont entre 10 000 et 20 000 tonnes de produits textiles qui sont détruits… pour une seule marque, ça représente environ 12 tonnes de vêtements qui partent à la destruction.

Il semblerait que les marques favorisent cette pratique pour des questions de stockage, mais aussi de profits. En effet, un stock invendu conservé occupe non seulement de la place en entrepôt… mais aussi sur le bilan fiscal ! L’entreprise paie donc de l’impôt sur… une perte.

La bonne nouvelle ? La France devrait bientôt interdire la destruction d’invendus dont la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire a été adoptée définitivement le 30 janvier 2020.

Selon le Ministère de la Transition Écologique, « interdire la destruction des invendus textiles permettrait de faire économiser 250 000 tonnes par an de CO2, soit l’équivalent des émissions de 125 000 voitures par an ».

4. Esclavagisme moderne

Qui se cache derrière la confection de nos vêtements ? C’est une bonne question. Et sans surprise, la réalité n’est pas plus belle à voir…

Peut-être te souviens-tu du drame du Rana Plaza, survenu en 2013 au Bangladesh, dans lequel 1 000 personnes ont trouvé la mort suite à l’effondrement d’ateliers de confection. L’usine travaillait notamment pour Mango, ou Primark, pour n’en citer que quelques-uns…

1 000 personnes ont trouvé la mort pour le bien de notre look… Malheureusement, les dommages liés à la sécurité des travailleurs n’est pas l’unique aspect des dessous de la fast fashion

Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Éthique sur l’Étiquette rappelle une violation massive des droits humains au travail, en raison de l’existence de chaînes complexes de sous-traitance mondialisées. Ce qui permet au passage pour les marques de la fast fashion d’être déchargées de toute responsabilité vis-à-vis des “employés”.

Salaires bas, horaires bien loin des normes internationales, maltraitance, répression syndicale… 

Une catastrophe humaine.

5. Dangers pour la santé

Récemment, je suis tombée sur un article du Huffpost qui informait de la découverte d’une étrange maladie dont des métaux lourds comme le plomb et le nickel auraient été retrouvés dans le sang des victimes. J’ai tout de suite fait le lien avec la fast fashion, pourquoi ?

Dans un reportage de l’émission Tout compte fait de France 2 réalisée en 2018, intitulée “Mode : La face cachée des petits prix”, on y voit notamment comment le coton est trempé dans des gros barils pour y être teint…

Le coton est en effet traité avec des produits colorants et fixateurs contenant des métaux lourds… comme du plomb ou du chrome. Le problème ?

Les eaux usées sont directement rejetées dans la nature, en raison de la non fiabilité des stations d’épuration (les filtres seraient défectueux depuis des années). Et ici, on parle de 100 000 litres d’eau qui ressortent d’une usine de traitement du coton.

Et cette eau, est celle que les gens boivent…

De nombreux enfants sont atteints d’autisme par exemple, ou d’autres formes de maladies graves dues au fait de l’exposition aux métaux lourds…

Et pour ceux travaillant directement dans les champs de coton, des pesticides extrêmement toxiques sont utilisés pour empêcher l’installation de nuisibles – et ce, sans aucune protection…

La réponse de Vinted aux accusations de greenwashing

Le greenwashing… mais c’est quoi ?

C’est un argument marketing dont certaines marques s’appuient pour revendiquer des méthodes éco-responsables trompeuses…

Alors, Vinted en fait-elle vraiment partie ?

Et bien, partant du principe que Vinted ne vend absolument rien, on a envie de se dire que non… non ?

D’ailleurs, voici ce que le PDG, Thomas Plantenga en pense…

“Bien sûr que nous préférerions voir des vêtements plus durables vendus sur la plateforme. Mais ce qui est vendu n’est que le reflet de ce que consomment les gens : de la fast-fashion”.

Il n’a pas tort…

Malheureusement, ce qui séduit les consommateurs de la fast fashion, ce sont bien évidemment des pièces tendances à prix bas… on a pas tous les moyens de se rendre dans des boutiques de luxe après tout.

C’est une bien triste réalité, mais il faut l’assumer. Et effectivement, ce qui se vend sur Vinted illustre bien ce que nous consommons…

Ce que j’en pense ? Il est de notre responsabilité de changer nos comportements, et de trouver de nouvelles alternatives.

Conclusion

Ce n’est pas le post le plus gai que j’ai fait jusque là. Mais c’est important de faire ressortir la vérité parfois, même si celle-ci est dure à entendre…

Je ne suis pas l’avocate, ni la porte-parole de Vinted. Et je suis la première à ne pas toujours être d’accord avec tout ce qui se passe sur la plateforme. Mais Vinted et fast fashion n’ont tout simplement rien à voir selon moi…

J’avais arrêté de consommer du Zara, H&M il y a un peu plus d’un an… mais j’ai craqué et racheté quelques pièces cette année. Mais je dois avouer que je suis de moins en moins à l’aise avec le concept, ce qui m’amène à revoir la manière dont je consomme la mode. Et de nouveau, en termes de qualité, j’attends beaucoup plus…

Je suis curieuse de savoir ce que tu en penses. C’est un lourd débat qui demande à être… débattu, non ?

(2 commentaires)

  1. Je l’avoue, j’achète beaucoup sur Vinted, et je me suis aussi posée la question de savoir si je ne favorisais pas la fast-fashion. Pourtant, je te rejoins sur ta position : Vinted n’est pas de la fast fashion, même si on en trouve. Nous sommes vraiment, à mon avis, dans cette économie circulaire. Même dans les friperies, on trouve parfois du Zara, Mango et autres… Pourtant, on ne leur lance pas la première pierre.

    1. En effet, c’est la différence entre les friperies classiques et Vinted… L’appli fait beaucoup parler d’elle, et il faut croire que ça dérange 🙂
      Merci pour ton partage 😉

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